Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La trouille d’une dissolution

par Justin AMOUSSOU 12 Août 2013, 19:59 Bénin Gouvernement

Un mémorable jeudi au Bénin : le 8 août. Presque tout un peuple tétanisé d’angoisse. A l’origine, un communiqué pétaradant qui annonce la dissolution du gouvernement de la "Refondation ". Dans un régime présidentiel. Ce fameux message officiel est diffusé en boucle dans tous les médias. De quoi augmenter l’adrénaline. Des fidèles musulmans ont, certainement, écourté leur allégresse du Ramadan. Jamais, une pareille situation depuis le renouveau démocratique. Jamais, une peur panique n’a rongé tant de citoyens. Jamais …

Deux foyers de frayeur à intensité différente ont explosé en l’espace d’une semaine. A une différence près d’août 2012, le bal des hostilités - si hostilités il y a - est ouvert le jeudi 1er août passé. Jour de fête nationale au domicile de l’ancien ministre Gaston Zossou. Les meneurs du mouvement « Mercredi Rouge » sont ainsi tourmentés. La trouille a-t-elle une préférence pour les jeudis en ce mois d’août? Toujours est-il que le jeudi 8 août, l’inédit a eu lieu. Je ne possède pas le don de lire dans l’esprit et le cœur des Béninois, sinon je pourrais prédire presque avec certitude le degré de leur état d’âme. Quel magnifique mois d’août!

Une brèche vient d’être ouverte à toute sorte de conjectures. Au-delà de la surabondance des supputations, les constitutionnalistes ont de la matière. Du moins, les constitutionnalistes épris d’équité et de notoriété. Puisque certains de ces orfèvres de droit ont opté d’exploiter le filon et peut-être parfois à leur corps défendant, de faire des ronds de jambe à qui mieux mieux. Inutile d’interroger l’histoire. Des faits d’armes l’attestent à la perfection. La peur raisonnable du citoyen lambda sur la nature du communiqué de dissolution ne mérite pas des éclairages tronqués. N’est-il pas tant que les experts Béninois, quel qu’en soit leur domaine de compétence, fassent abstraction de leurs considérations?

Pour le cas de la dissolution du gouvernement, la soif des Béninois serait d’avoir des éclairages dignes de nom. La manière de le dire compte. Quel qu’en soit l’éclairage, il y a une évidence. La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine... mène au côté obscur. Et c’est justement là où réside toute ma crainte. Plaise au Ciel de nous épargner du côté obscur ! L’urgence est de parer au plus pressé. C’est une vérité sans fard que le citoyen a peur, s’inquiète et s’affole. Il a faim, faim, faim. Rien n’est si beau, si agréable, si rassurant, si bien opportun que la paix du cœur.

commentaires

Haut de page