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A chacun ses lunettes

par Justin AMOUSSOU 30 Septembre 2013, 19:37 Bénin Constitution Parlement

Un nouvel épisode dans le feuilleton du projet de révision de la constitution béninoise. Le signal vient de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’homme de l’Assemblée nationale. L’irrecevabilité pour vice de forme qu’elle a prononcée déchaîne de nouvelles passions. Des interprétations s’enchaînent prouvant, à suffisance, l’intérêt accordé à ce dossier. Certains ont tôt fait de sonner l’hallali. D’autres se croiraient être passé sous les fourches caudines. Rien de tel. Juste un psychodrame qui amène le peuple à haleter d’émotion.

A la vérité, tous reconnaissent le bien fondé du toilettage de la loi fondamentale. La résistance trouve simplement sa source de l’issue incertaine de l’après révision. Encore que beaucoup aient médité sur ce proverbe : « qui a été mordu par le serpent, craint le ver de terre ». Allusion faite à la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) ayant servi aux élections législatives et présidentielles de 2011. Je me doute de la bonne foi de l’initiative de l’exécutif. Autant, je m’en doute des antirévisionnistes. Cependant, ma constatation me révèle que le débat part en vrille. Bien malin qui pourra pronostiquer son dénouement.

A tort ou à raison, chaque camp tire le drap de son côté. Les positions des uns et des autres sont, aujourd’hui, à l’étape de quitte ou double. Sans être un oiseau de mauvais augure, il n’y a plus rien à espérer. Il ne reste qu’à ceux ayant le don de faire des rêves prémonitoires de prédire l’avenir du pays. Même l’oracle éprouvera des ennuis à se débarrasser de la brume. Ou même, s’il parvient à révéler la vérité, il y a fort à parier que son devin dissimule la prophétie. Le culte du veau d’or ayant atteint des couches sociales insoupçonnables du pays. Dès lors, à chacun sa lecture de chaque fait politique, sa façon de voir, bref sa vérité dans ce débat.

On ne sait vraiment ni qui meurt ni qui vit. Toutefois, qui prouve trop ne prouve rien. Le peuple demeure suspendu à l’avis de la plénière des députés, non pas que le parlement soit le messie, mais parce que sa responsabilité est grande. D’ici à quand le coup de sifflet final des analyses ébruitées, ça et là, par des grandes gueules? D’ici à quand la fin de la guerre des nerfs ? D’ici à quand la délivrance du peuple de l’expectative ? J’ai l’impression que la fin du supplice n’est pas pour de si tôt. Et si par extraordinaire, il en était autrement, chacun doit garder à l’esprit que tel on fait son lit, on se couche.

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