Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Du consensus au dissensus

par Justin AMOUSSOU 16 Septembre 2013, 19:44 Bénin Constitution

On ne s’imagine pas au Bénin de Monseigneur Isidore de Souza – qu’il me soit permis de saluer ici sa mémoire. On ne s’imagine pas sur ce point du globe, au passé riche, où le consensus est devenu aujourd’hui, aux yeux des citoyens, un merle blanc. Un seul sujet déchaine les passions : la révision de la constitution. Chaque jour presque, les oreilles sont rebattues des flonflons du toilettage de la loi fondamentale. Pro et anti révisionnistes en ont plein la bouche mille et un arguments. Le sujet est commenté avec gravité. Un serpent de mer tout court.

Toutes tendances confondues, les virtuoses de l’animation de la vie politique parlent de consensus. Le consensus ! Toujours le consensus et encore le consensus. Et ce n’est pas fini ! Il faut y ajouter le dialogue, la concertation et ce qui s’ensuit du même champ lexical. Ignorant que chacun doit payer son écot. Les multiples discours devraient en principe et en toute honnêteté informer aussi de la contribution de chacun à cette fin. Ainsi, le peuple, du moins le souverain arbitre, appréciera.

C’est gênant et, pour tout dire, écœurant d’entendre parler de ce consensus englué. Cette incantation si je puis le dire ainsi, a fait le lit, peu ou prou au dissensus. Faites en mémoire, un tour rapide des initiatives politiques, pour dresser la liste de celles ayant abouti. Loin d’être un pessimiste, c’est un constat que la spirale des événements s’enchaine. Et personne n’est capable de démêler l’écheveau. Du coup, le climat devient de plus en plus délétère, au nom du consensus appelé de tous les vœux. A vrai dire, c’est du ping-pong. Le peuple n’en mène pas large. Halte à ce vibrato de consensus!

Comble d’infamie ! Beaucoup sont-ils, incapables de répondre avec précision à cette fameuse question : pourquoi faut-il ou non réviser la constitution ? Tel un diable dans un bénitier, ils plastronnent tous mordicus leur position. Certains sont engoncés dans leur certitude. D’autres mélangent les pinceaux. Une vraie foire d’empoigne. Leurs logorrhées parfois à l’eau de rose résument tout, pour qu’il ne me soit pas nécessaire d’insister sur quelques aspects. Le débat se mène à vau-l’eau. Dire que ces sorties médiatiques ubuesques enthousiasment le peuple est un pieux mensonge. Il me tient juste de signifier qu’ils sont bavards, ces muets. Ils n’en savent rien, mais ils diront tout.

Ne croyez pas, s’il vous plait, que je cherche à avoir droit sur l’infime partie de votre maîtrise de ce dossier. C’est ma façon de voir le dialogue de sourd entretenu et le consensus sous hypnose

commentaires

Haut de page