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Deuxième assassinat du juge COOVI

par Justin AMOUSSOU 7 Octobre 2013, 19:31 Bénin Justice Assassinat

Est-ce qu’il vous arrive de vous morfondre, de vous résigner et même de couler des larmes à la souvenance de certaines dates? A chaque souvenir, ses émotions. A un mois, jour pour jour, d’une commémoration affligeante, la consternation demeure vive dans le cœur de plusieurs âmes. Celles-ci portent toujours le deuil d’un être si cher, arraché à brûle-pourpoint, à leur affection. De plain-pied, l’histoire poursuit sa marche, celle de l’oubli. Pour un devoir de mémoire, j’ai de pieuses pensées pour le juge feu Séverin COOVI assassiné le lundi 7 novembre 2005.

Huit ans après, impossible d’élucider ce meurtre: qui a assassiné le juge? Un cadavre dans le placard des enquêteurs. Seul fait connu de tous, le corps mutilé du tout premier président de la Cour d’Appel de Parakou a été découvert dans son véhicule de commandement. Ce qui laisse pantois, surtout qu’il s’agit d’un justicier de haut rang. Et si c’était un quidam? Le pire? Inutile de remuer la douleur dans les cœurs. Cependant, l’affliction m’abats davantage quand je songe aux enfants du disparu.

Au-delà de la gestion tristounette de ce drame, qu’a-t-on fait pour soulager la petite famille de cet orfèvre de droit? Tout au moins la réussite scolaire et l’insertion professionnelle des orphelins. Une tout autre histoire. Autant dire, comble d’indifférence! On conviendra que ce n’est pas humain. J’en conclus, dare-dare, à un deuxième assassinat du juge COOVI. Quoi qu’il ait connu, de son vivant, des débonnaires. Mieux, il a exercé dans un ministère de l’Etat. Au souffle du vent de bercer le creux de leurs oreilles avec ce murmure: « les morts ne sont pas morts.»

Assurément, des amis et politiciens vantards, véreux, sans vergogne, ont versé des larmes de crocodile, lors de ses obsèques le 10 décembre 2005. Me semble-t-il, comme en de pareilles circonstances, que des engagements ont été pris, dans une vile intention de consoler les cœurs meurtris. Des clauses de langage à la mesure du cynisme. Ce mépris n’a d’égal qu’un assassinat. Le deuxième. Faut-il jeter de pierres à quelqu’un? Non. Un cas de conscience, à tous égards. Pendant ce temps-là, le juge dort de son long sommeil, dans son mausolée trônant au quartier Godomey. S’il y a encore quelque chose à sauver, c’est maintenant, et de toute urgence.

Aux orphelins aujourd’hui sans aplomb, ils savent, depuis ce maudit jour de novembre 2005, que l’espérance est la pitance de ceux qui sont en souffrance. Nul ne se débat contre le sort. A chacun d’eux de méditer sur ce proverbe implacable et plein de sens: « A brebis tondue, Dieu mesure le vent.»

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