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Recrutement au doigt et à l’œil

par Justin AMOUSSOU 21 Octobre 2013, 16:34 Bénin Enseignement

Des citoyens ont, peut-être, prêté une oreille amusée à ce nouveau recrutement d’enseignants. Le jeudi 3 octobre, date de la rentrée 2013-2014, le directeur adjoint de cabinet du ministère de l’enseignement secondaire, technique et professionnel, Coovi HESSOU, l’a annoncé sur le plateau de la télévision Canal 3. Une première vague de recrues cette année, la seconde en 2014. Plus de doute, ce recrutement est même budgété. D’ores et déjà, les conjectures vont bon train. Les enseignants, eux, sont sur le qui-vive.

Au Bénin, ils sont peu nombreux à avoir accroché leur nom à un exploit sans pareil. Ou encore à un événement ayant suscité l’admiration et l’intérêt général. Et c’est là, justement, que deux défis s’imposent au ministre Djimba SOUMANOU. D’abord, sur le profil des enseignants à recruter, le ministre doit être intransigeant. Ce sera d’emblée un échec si le gouvernement opte pour un recrutement d’enseignants non titulaires de diplôme professionnel. Sinon, à quoi ça sert, pour l’Etat, d’avoir injecté de l’argent dans la réouverture des Ecoles normales supérieures? Un être censé transmettre le savoir, et qui ignore le fondement de l’enseignement, ne peut être assimilé qu’à un coureur unijambiste.

Le second défi réside dans la crédibilité des résultats de ce concours. D’ailleurs, une citation biblique est devenue, au Bénin, une formule célèbre qu’on prête au syndicat de la fonction publique. Elle est employée, à tord ou à raison, pour vouer aux gémonies une autorité, fut-elle, ministre de la République. L’histoire a retenu cette sentence, au moment même où elle a été prononcée : « Femme! Va et ne pêche plus ». L’ancienne ministre de la fonction publique, Maïmouna Kora ZAKI se souviendra, de tout le restant de sa vie, de cette douche caustique. Le mystère autour du dernier recrutement d’agents, au profit du ministère de l’économie et des finances, avait justifié la colère du syndicat.

Jamais, sous l’ère du renouveau démocratique, un concours n’a suscité autant de soupçon et de contestation. Tout compte fait, pour peu, le ministre SOUMANOU, est auréolé d’éloges. Il se raconte qu’il sait se servir du verbe, qu’il dialogue, à cœur ouvert, avec ses partenaires sociaux. Iceux boivent ses paroles. Un bon bougre. A ce faisceau de compliments, toute âme sensible, éprise de paix, se prend d’admiration pour lui. Qu’à cela ne tienne! Ce concours lui dresse un tapis rouge afin qu’il proteste encore de son intégrité. Ainsi, il laissera aux Béninois, le souvenir d’un Djimba baroudeur, intègre et soucieux d’une génération bien formée.

C’est ma prière pour lui. C’est aussi mon plaidoyer, au nom de la Fraternité, de la Justice et du Travail.

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