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Deuxièmes états généraux de la presse béninoise, un canard claudicant?

par Justin AMOUSSOU 13 Février 2014, 20:02 Bénin Démocratie Presse

Deuxièmes états généraux de la presse béninoise, un canard claudicant?

Aidez-moi à comprendre le sens exact des états généraux d’une profession. Le vocable états généraux, à mon humble avis, peut être perçu comme la conférence nationale des forces vives d’une profession. Autrement dit, toutes les composantes de cette profession, du plus petit agent au plus gradé, sont conviées pour des réflexions fructueuses. C’est dire qu’en plus de toutes les autres composantes, les apprenants du corps de métier en question ne sont pas du reste, à ce grand rendez-vous. Je vous prie, croix de bois, croix de fer, de pardonner mon inculture. Nul n’a la science infuse. Votre éclairage est la bienvenue.

Ne dit-on pas souvent, l’avenir appartient aux jeunes? Pour faire plus clair, l’avenir d’une profession, ce sont les jeunes qui animent ou appelés à l’animer? Quel que soit le corps de métier, l’aîné s’appuie sur cette formule pour motiver les esprits jeunes à plus de conscience. Heureusement ou malheureusement que l’exception fait la règle. Le journalisme au Bénin l’illustre fort bien. Du moins, le journalisme conçu par certains. Fort heureusement que des monstres sacrés sont encore là pour servir de modèle aux jeunes aussi bien formés dans les centres de formation que sur le tard. C’est un secret de polichinelle que le linge sale se lave en famille. Soit. Le linge dont il s’agit n’est pas vraiment sale. Il porte seulement quelques salissures. En d’autres termes, le débat peut se mener hors cercle familial pour la bonne cause.

« Qui n’a pas fait l’enquête n’a pas droit à la parole ». En parcourant la liste des participants aux prochains états généraux de la presse au Bénin, aucune place n’est laissée aux apprenants en journalisme. Pourtant, nombreux sont-ils à être inscrit dans les centres, publics comme privés, autorisés pour assurer la formation en journalisme. Des informations reçues du comité d’organisation renseignent que les apprenants en journalisme ne pratiquent pas la profession. Encore moins, n’y appartiennent pas encore. Fort de cela, ils sont considérés comme personna non grata. Ces mêmes informations précisent que les promoteurs de ces centres de formation invités à la table sont déjà très représentatifs. Mazette !

En consultant les archives de la conférence des forces vives de la nation de février 1990, il est aisé de voir des élèves, étudiants et bien d’autres jeunes à ce rendez-vous historique. Ironie du sort, ces deuxièmes états généraux de la presse démarrent à la date du 24ème anniversaire des assises de la conférence des forces vives de la nation tenues au PLM ALEDJO de Cotonou. Pour rappel, la création des centres de formation en journalisme est l’un des 16 chantiers issus des travaux des premiers états généraux de la presse béninoise. Ce chantier est aujourd’hui effectif. Malheureusement, à l’heure du bilan, des étudiants de ces centres de formation sont des abonnés absents. L’erreur est humaine. Mais soutenir mordicus que les étudiants en journalisme n’ont aucun grain de sel à apporter aux débats, c’est… Non, je refuse de porter une appréciation.

Encore qu’il n’y ait pas que des bacheliers dans ces centres. En plus des bacheliers, le melting-pot est fait de journalistes déjà en activité, tous les centres de formation réunis. Sur la liste des participants, même si certains journalistes, sous leur double casquette de journaliste et étudiant en formation s’y retrouvent, par surprise ou par hasard, iceux ne représentent pas nommément les apprenants des centres de formation. Un bémol important : tout le monde ne peut pas y être convié. D’accord. A tout le moins, tenir compte, à un détail près, de tous les acteurs de la corporation. Les annales de l’histoire vont enregistrer que le comité d’organisation des deuxièmes états généraux de la presse au Bénin n’a pas tenu compte des apprenants en journalisme. N’est-ce pas ridicule, à la limite aberrant? Surtout que c’est grâce au gouvernement du président Boni YAYI que ces centres ont ouvert? C’est encore ce même gouvernement qui finance ces deuxièmes états généraux.

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