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Qui trop embrasse mal étreint

par Justin AMOUSSOU 16 Février 2014, 17:11 Bénin Démocratie Désespoir

Qui trop embrasse mal étreint

Faut-il céder à l’immatriculation des véhicules à deux et trois roues au Bénin? Cette question, beaucoup de citoyens se la posent. Les conjectures vont bon train par ces temps de crise sociale, à nul autre pareil, sous l’actuel régime. Le sujet suscite de petits débats. Des débats commentés avec gravité. La réponse à une telle question appelle de la nuance. D’un point de vue juridique, la réponse coule de source. D’autant que nul n’est censé ignorer la loi. Dès lors, il ne devrait y avoir aucune résistance au risque de subir la rigueur de la loi. Peu importe que ce soit la police nationale ou un autre service déconcentré de l’Etat qui prenne le devant du respect de la loi.

Remarquez, tout de même, une incongruité rédhibitoire dans cette nouvelle traque contre les citoyens. Comme un dormeur qui s’ébroue, l’Etat enjoint à tous de faire immatriculer leur véhicule à deux et trois roues. Aucune mesure d’accompagnement pour soulager la population. Rien. La seule faveur accordée est un moratoire de six mois. Un sursis au cours duquel une priorité sera donnée à la sensibilisation. Le béninois lambda découvre un Etat puritain. Le nouveau légaliste bon teint. Très beau, n’est-ce pas? Seulement, le moment choisi prouve, sans contexte, une mauvaise foi. Même l’enfer est pavé de bonnes intentions. Oui, les bonnes intentions ne suffisent pas si elles ne doivent aboutir qu’à des résultats fâcheux.

Aujourd’hui, la police nationale s’arc-boute sur la loi pour proclamer une immatriculation. Le ridicule, pourquoi ne s’accroche-t-on pas aux mêmes lois de la République pour opérer les défalcations sur le salaire des travailleurs grévistes? Les travailleurs ont pourtant, à tire-larigot, dénoncé les défalcations ne respectant aucune norme. Quelle est alors l’exception de la loi qui confèrela suprématie à certains sur d’autres dans un même Etat, fut-il démocratique? Cela s’appelle, en langage simple, deux poids, deux mesures. De légitimes questionnements subsistent. Pourquoi des décisions antagoniques dans une même période? Qui visent-elles? A quelle fin?

Un important détail semble échapper au commun des mortels. Après la trouvaille de l’immatriculation obligatoire, une nouvelle chasse va aussitôt enchainer. Elle est relative au défaut d’assurance de ces véhicules à deux et trois roues. La trouille ne vient que de commencer. Comme en de pareilles circonstances, les forces de sécurité seront encore sollicitées pour tout contrôle. Une occasion en or, pour quelques brutes parmi elles, de goinfrer sans vergogne. «On ne cueille pas le fruit du bonheur sur un arbre d’injustice.» A chacun sa compréhension de ce proverbe persan.

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