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Mandat des conseillers communaux : Tirs croisés des députés contre la prorogation, il y a un an

par Justin AMOUSSOU 22 Avril 2014, 14:47 Bénin Démocratie Parlement Désespoir

Les députés votaient, le mardi 22 avril 2013, la loi portant prorogation du mandat des actuels conseillers communaux, municipaux et locaux. Avant l’adoption de ce texte de loi, ils ont vertement déploré les successifs reports qui ont cours sous le président Boni YAYI. Retour sur l’intégralité des propos tenus par les élus du peuple.

CANDIDE AZANNAÏ : « EN 2016, IL N’Y AURA PAS DE REPORT QUELLES QUE SOIENT LES CONDITIONS »

« La démocratie avant d’être pratique est théorique. Par principe, je m’oppose à toute idée de prorogation d’une seule seconde du mandat de quelques responsables élus que ce soit. Cela ne doit pas être une permanence en système démocratique. Ça doit être des événements exceptionnels qu’on ne doit jamais souhaiter parce que les conditions pour qu’on en arrive à de tel report doivent être des conditions graves généralement ne dépendant pas de notre volonté. A agir comme nous avons l’habitude de le faire, c’est comme si nous ne respections pas nos propres textes. Organiser les élections à bonne date, c’est ça qui mesure une démocratie. Une démocratie n’a de valeur que lorsque l’élection prévue pour le 1er mars, par exemple, a effectivement eu lieu le 1er mars. L’organiser en février ou en avril est une entorse aux principes de la démocratie. Et vous passerez partout dans le monde où les élections ne se tiennent pas à bonne date, on va vous dire automatiquement qu’il y a des blessures profondes au système démocratique de ce pays. Donc, c’est pour alerter, pour faire des pressions, pour dire à ceux qui sont les tenants de cette pratique que ce n’est pas bon et il faut les prévenir.

Et je le dis solennellement. Ils peuvent s’amuser avec toutes les élections. Je laisse les communales parce que le dé est déjà pipé, les principales cartes de ce jeu sont déjà volées et puis, tous ceux qui vont jouer à ce jeu vont le jouer sans le joker et les As de pique. Je laisse même les législatives. Je ne veux pas m’occuper de cela. Ce n’est pas mon souci. Mais en 2016, qu’il soit écrit et scellé comme le dit le Pharaon, il n’y aura pas de report quelque soient les conditions. On ne va pas les repousser d’une seconde. Il n’y aura même pas de tierce là-dessus. En 2016, Lépi ou pas Lépi, correction ou pas correction, n’importe quoi, on va aux élections présidentielles. Ou s’il y a report d’une seconde, tous ceux qui sont là, on les met entre parenthèses et c’est d’autres personnes qui vont s’occuper des affaires. Je le dis et le dis gravement et solennellement. Je le dis du fond de mon cœur. Je le dis pour ce peuple. Je le dis pour la paix et pour le progrès des générations futures. Il n’y aura pas de report d’une seconde sur l’élection de 2016. Si je suis présent, il n’y en aura pas. Je vous le dit et ne prenez pas ce que je dis comme de la blague. Je le dis sérieusement. Voilà l’objet de mon intervention. »

"Ne prenez pas ce que je dis comme de la blague"

"Ne prenez pas ce que je dis comme de la blague"

LAZARE SEHOUETO: « ON NE PEUT PAS SAVOIR QU’IL Y A ELECTION 5 ANS A L’AVANCE ET SE SURPRENDRE ET DIRE QU’ON N’Y PEUT RIEN»

« Je refuse qu’on pense que c’est une fatalité que nous soyons obligés de proroger le mandat des maires et conseillers communaux. Depuis 2008, on savait que 5 ans après, on allait organiser les élections. On ne peut pas savoir un événement 5 ans à l’avance et se surprendre et dire qu’on n’y peut rien. Qui est responsable de ça ? j’étais surpris d’entendre la dernière fois un collègue qu’il est porte-parole du bureau et qui affirme que c’est le parlement qui est responsable et que le gouvernement n’a rien à voir dans le fait qu’on soit obligé de proroger le mandat des maires et conseillers. Certes, il est le porte-parole du bureau mais le bureau est à la tête d’une institution. Vous nous avez consultés ? Quelle est notre responsabilité individuelle et collective? Depuis 2006, à chaque élection, si on ne proroge pas, c’est en pleine élections ou deux jours avant le vote qu’on doit proroger et on recommence à zéro. L’une des marques essentielles d’une démocratie, c’est l’organisation des élections à bonne date. Il faut que les députés se refusent de voter une telle loi. Est-ce que ce qui se dit dans l’opinion, qu’il y a de plans funestes en préparation ou préparés pour proroger les élections et qu’il y aurait une balle d’essai. Si c’est le ballon d’essai, dites-le nous pour que chacun puisse se préparer en conséquence. » C’était le mardi 22 avril 2013 à l’Assemblée Nationale.

"L’une des marques essentielles d’une démocratie, c’est l’organisation des élections à bonne date."

"L’une des marques essentielles d’une démocratie, c’est l’organisation des élections à bonne date."

BASILE COMLAN AHOSSI : « LE REPORT DES ELECTIONS COMMENCE A ETRE UNE HABITUDE. IL FAUT QUE NOUS NOUS EN INQUIETIONS»

« Le président de la République a dit que les élections auront lieu à bonne date. Ce n’est pas nous qui convoquons le corps électoral. Ce n’est pas nous qui mettons les ressources à disposition, donc on ne peut pas nous imputer le retard pour les élections. Il faut que nous nous en inquiétions. Ça commence à être une habitude. Depuis plus d’un an, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB) n’a plus de bureau et ça ne nous inquiète pas parce que nous ne nous intéressons pas aux conséquences négatives que cela a sur la participation du Bénin à l’OMC. Il y a des choses apparemment banales que nous ne devons cesser de banaliser. Je voudrais que le parlement fasse un plaidoyer pour qu’on commence à respecter les normes. Il y a 5 ans qu’on savait qu’il y aura élection. On aurait pu prendre toutes les dispositions pour éviter ce qui nous arrive. Avec les derniers événements qui se sont produits entre le ministre de la décentralisation et les maires, je suis plus inquiet pour qu’on proroge ces mandats. Que voulez-vous ? Le mal est fait. Les mairies sont des institutions qu’on ne peut pas laisser sans responsables. Toutefois, je voudrais qu’on précise la fin de la prorogation et que les maires jusqu’à cette date soient chargées d’expédier que les affaires courantes pour plus qu’ils ne soient autorisées à mettre les doigts et les orteils dans le fond FADEC, pour plus qu’ils sont autorisés à signer des contrats de milliards avant la fin de cette date. »

"Il y a cinq ans qu’on savait qu’il y aura élection"

"Il y a cinq ans qu’on savait qu’il y aura élection"

ERIC HOUNDETE : « DEPUIS 2006, LA BONNE DATE C’EST CELLE QUI PLAIT AU PRINCE »

« Gouverner, c’est prévoir. Je voudrais me souvenir dans cette salle en même temps qu’on nous a annoncés que les élections auront lieu à bonne date, au même mois de décembre, pour stigmatiser les députés qui formulaient des réserves par rapport à la loi portant correction de la Lépi, on les désignait pour dire que s’ils ne sont pas d’accord, c’est parce qu’ils ne veulent des élections à bonne date. Nous voici à l’atterrissage. Où est la bonne date ? Peut être vous allez m’expliquer : c’est quoi la bonne date ? J’ai compris que depuis 2006, la bonne date c’est celle qui plait au prince. C’est ainsi qu’en 2008, vous avez pu désigner les membres de la Cour constitutionnelle 3 mois avant l’échéance. Nous sommes à moins d’un mois maintenant et vous ne les avez pas encore désignés. C’est ça la bonne date dans le régime qui nous régit actuellement ? Les élections de 2007, on les a déplacés à la veille du vote. Les élections de 2008, on a tout chamboulé. Idem en 2011 et nous voici en 2013. Qui est responsable de l’application des lois depuis décembre 2012 où nous avions voté la loi sur la correction de la Lépi ? Je voudrais vous dire toute ma désolation et toute ma tristesse de voir des parlementaires font l’option de se laisser manipuler en refusant que le gouvernement assume ses responsabilités. Le gouvernement n’a pas préparé l’organisation des élections et il doit assumer. Et ce sont des parlementaires qui lui viennent en rescousse. Non seulement ils viennent en rescousse mais ils prennent les micros pour défendre le gouvernement qu’il n’est pas responsable. C’est le parlement qui est en train d’étudier les lois. Monsieur le président, ça veut dire que vous ne gouvernez pas bien l’Assemblée. Vous ne savez pas prévoir. C’est ce qu’on dit de vous ça. Le péché que doivent porter les autres, vous acceptez de le porter. Pourquoi cela ? Vous le porterez seul. Moi je ne suis pas dedans, je ne suis pas responsable du retard de l’organisation des élections. C’est la faute du gouvernement et il faut reconnaitre qu’il en est ainsi. Maintenant, je comprends les initiateurs de la loi, je comprends même la commission des lois. Parce que l’esprit de la loi portant correction de la Lépi est telle que n’ayant pas fait l’audit de la Lépi, personne ne sait ce qu’on veut corriger, comment on veut corriger et quel temps ça prendra. Et c’est juste, c’est humain que de dire on ne changera l’équipe que quand on aura fait les élections puisqu’on ne sait pas quand on veut faire les élections. C’est ça la réalité. Je crois que c’est une question d’honnêteté intellectuelle de la part des membres de la Commission que de faire cette formulation. Mais c’est une formulation qui peut recouvrir un piège. Et c’est là où je voudrais chuter en me demandant si vous n’allez pas donner raison à tous ceux qui voient toutes les manœuvres pour ne pas faire les élections capitales qui nous attendent. »

"Le report, c’est la faute du gouvernement et il faut reconnaître qu’il en est ainsi."

"Le report, c’est la faute du gouvernement et il faut reconnaître qu’il en est ainsi."

AUGUSTIN AHOUANVOEBLA : « EST-CE QUE C’EST ENCORE BONI YAYI QUI A EMPECHE L’ACCELERATION DES TRAVAUX PARLEMENTAIRES ? »

« Je ne voudrais pas répéter les collègues qui ont eu à dire que le seul baromètre pour savoir de la vitalité d’une démocratie, c’est l’organisation des différentes élections à bonne date. C’est vrai que le Bénin fait beaucoup d’effort et il faut le reconnaitre. Qui est responsable de ce désir de reporter les élections communales et locales? Je ne suis pas là pour encenser Boni Yayi mais la République c’est le chef de l’Etat, la République c’est le parlement, la République c’est les autres institutions, c’est toutes les fractions du peuple. Le parlement a voté difficilement la loi sur la correction de la Lépi. Le parlement a désigné difficilement ses membres au COS-Lépi. Le parlement a voté le code électoral. Ce code est encore au parlement. Ce n’est pas encore parti pour le contrôle de conformité. Dans le cadre de ces élections, nous avons voté la loi relative aux unités administratives locales. Avons-nous ces lois promulguées ? Nous avons une loi fondamentale que le parlement n’a pas encore étudiée : la loi relative à la fixation des centres de vote. Une loi sans laquelle nous ne pouvons pas poursuivre les activités liées à l’organisation des élections en question. Dites-moi finalement qui est responsable de tout ça ? C’est encore Yayi ? Quelle est la partition des uns et des autres ? C’est encore Boni Yayi qui a empêché de faire ces travaux? Je voudrais que nous ramenions tous la balle à terre et que nous nous organisions avec les différentes fractions du peuple pour faire face à ces élections. »

"Le Bénin fait beaucoup d’effort et il faut le reconnaître"

"Le Bénin fait beaucoup d’effort et il faut le reconnaître"

CHARLEMAGNE HONFO : « JE REFUSE QU’ON NOUS FASSE PORTER LA RESPONSABILITE DU RETARD A ORGANISER LES ELECTIONS A BONNE DATE »

« Je refuse après tant d’efforts consentis qu’on nous fasse porter la responsabilité du retard à organiser les élections à bonne date. Si le gouvernement, depuis 5 ans, savait qu’en 2013, qu’il y aura l’organisation des élections communales et locales, je n’ai pas vu sa volonté. Bien au contraire, le parlement a joué son rôle en ce qui concerne le vote des différents textes pour l’organisation de ces élections. Il ne faut pas chercher des arguments pour couvrir ce qui ne doit pas l’être. Je suis dérangé de constater que l’effort que le parlement fait, le gouvernement ne l’accompagne pas pour organiser ces élections. Pour rester conforme à la loi sur la correction de la Lépi qui prévoit qu’en aucun cas, les élections ne sauraient dépasser 2013, je souhaiterais qu’on laisse dans la loi transitoire et dérogatoire, une ouverture de dire qu’en aucun cas, l’élection ne saurait dépasser 2013. Cela permettra, une fois les travaux du COS-Lépi commencés, si le gouvernement trouve que c’est avancé pour organiser les élections en septembre, octobre ou décembre. Je souhaite vivement que l’encadrement soit pour 2013 et non pour une date ultérieure. »

"Je suis dérangé de constater que le gouvernement n’accompagne pas l’effort du parlement pour organiser ces élections"

"Je suis dérangé de constater que le gouvernement n’accompagne pas l’effort du parlement pour organiser ces élections"

LE DEPUTE JONAS GBENAMETO : « LA FIN DU MANDAT DES ELUS PEUT COÏNCIDER AVEC LA FIN DU MANDAT DE L’EXECUTIF ACTUEL »

« Ce qui me gène, c’est que cette proposition de loi vient de mon collègue Djibril DEBOUROU. Car c’est lui qui avait présidé la commission sur la correction de la Lépi ayant débouché sur plusieurs innovations. Ça veut dire que cette commission n’avait pas pris en charge l’impérative nécessité d’organiser les élections à bonne date. Elle s’était déjà mise certainement dans la tête que la bonne date pour nous, c’est celle qu’on fixe à temps voulu. Je m’étais approché d’un des membres pour dire, est ce que vous ne sentez pas dans cette démarche un report de date qui risque d’être collé à notre démocratie comme un principe. Et ce faisant, est-ce que vous ne pouvez pas prévoir des dispositions transitoires pour que les élections locales aient lieu à bonne date ? Parce que qu’est-ce qui nous empêchait de trouver un mécanisme transitoire pour que cette fois-ci nous évitions de perpétuer dans l’illégalité. Organiser les élections avec une disposition transitoire et continuer la correction de la Lépi sachant qu’une autre élection est encore dans deux ans. Je vois aujourd’hui qu’au cours des discussions, la commission DEBOUROU n’en avait pas fait un impératif. Et c’est lui qui revient avec la proposition pour dire que l’exécutif est libre d’organiser les élections quand il veut. Tel que le texte est présenté, la fin du mandat des élus locaux aujourd’hui peut coïncider avec la fin du mandat de l’exécutif actuel. On ne voit pas l’exécutif pressé d’organiser ces élections. Et dans ces conditions, c’est nous députés qui allons encore donner quitus à un tel comportement en votant un texte aussi laconique qu’imprécis? Si on était tous d’accord, on peut trouver des dispositions transitoires et organiser les élections à bonne date. Nous avons le dos au mur, cependant ça ne nous oblige pas à proroger sans délai le mandat des élus locaux. Aussi ne faut-il pas mettre un cadre pour limiter un certain excès de ces maires qui sont en train d’hypothéquer à vive allure le développement des communes qu’ils ont à charge. Est-ce que nous n’allons pas borner un peu leur pouvoir transitoire ou dérogatoire que nous allons leur attribuer ? Parce que ce n’est pas dans la période illégale ou transitoire qu’ils sont appelés à mettre en application leur projet de société ou programme d’actions. »

"On ne voit pas l’exécutif pressé d’organiser ces élections"

"On ne voit pas l’exécutif pressé d’organiser ces élections"

LUCIEN HOUNGNIBO : « IL FAUT RESTREINDRE LE POUVOIR DES MAIRES PENDANT LA TRANSITION »

« Moi j’ai voté abstention parce que j’ai proposé un amendement qui n’a pas été accepté. J’ai vu que les maires ont été élus pour cinq ans. Et s’il faut prendre une loi pour proroger leur mandat, on ne doit pas leur donner le plein pouvoir. Parce qu’ils ont été mandatés par une population. Ces populations ne se sont pas prononcées sur cette prorogation et c’est seulement au niveau du parlement que nous prenons ces textes de loi pour dire qu’ils vont continuer par gérer. Ce ne sera pas compris pas les populations si on ne met pas un peu de garde-fou. C’est les raisons pour lesquelles moi j’ai dit que ce n’est pas la peine de voter. La preuve, la fois dernière on a constaté au cours d’un atelier à Bohicon que les maires ont vidé la salle au motif que leur ministre de tutelle les infantilise. On comprend aisément aujourd’hui que ce que disait entre temps, le ministre de la décentralisation est vérifié. Ce n’est certainement pas tous les maires, mais la majorité des maires ont mal géré les ressources qui leurs sont destinées. En plus de cela, quand vous voyez comment les lotissements se font dans les communes, ça ne respecte pas les normes. Au lieu de leur donner le plein pouvoir pendant cette période de transition, j’estime qu’il faut restreindre un peu leur pouvoir afin de manifester notre mécontentement de la mauvaise gestion des communes. Mais c’est une question de majorité au parlement. Ce qui est dommage, ce n’est pas encadré. »

"C’est dommage que la loi votée ne mentionne pas un encadrement"

"C’est dommage que la loi votée ne mentionne pas un encadrement"

SACCA FIKARA : « SI NOUS METTONS UNE DATE DANS LA LOI, CELA RISQUE DE NOUS PERTURBER »

« Depuis 2006 que le président Boni YAYI a été élu, aucune élection n’a été organisée à bonne date et correctement. Il n’est pas question de condamner le parlement. Si malgré l’état des lois, le chef de l’Etat dit qu’on va organiser l’élection à telle date, personne ne peut s’opposer à cela. Ce n’est pas du tout une prérogative du parlement. Concrètement, vu l’état actuel des lois et surtout de la loi sur la correction de la Lépi, il est impossible d’organiser un vote de loi pour la prorogation du mandat des élus actuellement. On aurait pu le faire avant la loi sur la correction de la Lépi. Car, quand on veut organiser une élection, il faut tenir compte de l’état des lois. Moi je suis prêt pour une loi transitoire. Puisque, s’il faut corriger la Lépi, il faut au moins 6 mois, ce qui nous conduit à fin octobre 2013. Ce qui n’est possible du fait de la saison des pluies. Si je prends l’exemple du département de l’Ouémé, cinq communes sur neuf sont inaccessibles. S’il faut proroger, il faut bien le faire. Franchement, si nous mettons une date, cela risque de nous perturber. »

"Si malgré l’état des lois, le chef de l’Etat dit qu’on va organiser l’élection à telle date, personne ne peut s’opposer à cela"

"Si malgré l’état des lois, le chef de l’Etat dit qu’on va organiser l’élection à telle date, personne ne peut s’opposer à cela"

ROSINE SOGLO : « JE NE SUIS PAS GENEE SI LE PARLEMENT VEUT PRENDRE UNE LOI DEROGATOIRE POUR PROROGER LE MANDAT DES ELUS LOCAUX»

« J’ai entendu beaucoup de choses et il y a dix ans que nous organisons les élections des élus locaux. Personnellement ça ne me gène pas si le parlement veut prendre une loi dérogatoire pour proroger le mandat des élus locaux. Mais je voudrais dire à mes collègues qu’ils sont trop durs avec les élus locaux. Est ce que vous-même en quatre ans, vous avez fait du bon travail ? Soyez charitables en leur donnant des conseils. Si le président Boni Yayi pense, pour quelques raisons que ce soit, qu’il va nous demander de proroger le mandat en 2016, alors là, moi je dirai non. »

 "Soyez charitables en donnant de conseils aux maires"

"Soyez charitables en donnant de conseils aux maires"

EMILE TOSSOU : « IL FAUT FIXER UN DELAI POUR L’ORGANISATION DES ELECTIONS »

« Je constate que l’auteur de cette proposition de loi a effectivement le souci de ce pays pour que nous n’allions pas dans un vide juridique. Au même moment, je suis un peu gêné lorsque je vois la pagaille qui s’observe dans les 77 communes. Je ne sais pas si cette prorogation qui fait observer la pagaille. Pour ce faire, il serait important de préciser l’intervalle dans lequel les élections auront lieu. C’est dire qu’il faut fixer le délai au terme duquel les élections auront lieu. »

BANNI SAMARI : « JE SOUHAITERAIS QU’ON METTE FIN AU MANDAT DES MAIRES ET QU’ON TROUVE LES MOYENS POUR LIQUIDER LES AFFAIRES COURANTES»

« Il y a la question de vide juridique qui pointe à l’horizon si on ne faisait pas des aménagements. Dans notre hémicycle, il y a eu des discussions qui font état de ce que la mauvaise gestion est presque généralisée dans la grande majorité des communes au point où le ministre de la décentralisation a voulu mettre le doigt sur cette mauvaise gestion. Tout le monde a vu comment ces maires se sont comportés. Si tant est que les faits soient vrais, pourquoi une loi pour proroger le mandat des gens qui ne veulent pas être contrôlés? Moi j’aurais souhaité qu’on mette fin au mandat de tout ces gens et qu’on trouve les moyens pour que les affaires courantes soient liquidées jusqu’aux nouvelles élections. Il faut une date limite. On ne doit pas leur donner un chèque à blanc pour qu’ils continuent indéfiniment. »

"On ne doit pas donner un chèque à blanc aux maires pour qu’ils continuent indéfiniment"

"On ne doit pas donner un chèque à blanc aux maires pour qu’ils continuent indéfiniment"

JUSTIN YOTTO SAGUI : « IL FAUT QU’ON AIT UNE DATE POUR EVITER QU’ON S’ETALE TROP DANS LE TEMPS »

« La prorogation du mandat des élus de 2008 s’impose à nous. Tout le monde connait ces raisons. Toutefois, je souhaiterais qu’on encadre cette prorogation. Il faut qu’on ait une date pour éviter qu’on s’étale trop dans le temps. Par exemple, organiser les élections au plus tard le 30 novembre serait un idéal. Je souhaite également que les prochaines élections se passent en saison sèche. »

"Tout le monde connait les raisons de la prorogation"

"Tout le monde connait les raisons de la prorogation"

HELENE AHOLOU KEKE, PRESIDENTE DE LA COMMISSION DES LOIS, DE L’ADMINISTRATION ET DES DROITS DE L’HOMME DE L’ASSEMBLEE NATIONALE: « NOUS DEVIONS NOUS RASSURER CAR LA CONSTITUTION A PREVU UNE DATE LIMITE POUR LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES»

« Je voudrais dire à mes collègues que la constitution a prévu une date limite aux élections présidentielles et que nous devions tous nous rassurés. Le 6 avril 2016, toute la solution à leurs angoisses et inquiétudes sera donnée par la population béninoise. Quant aux élections législatives, elles sont aussi encadrées par la constitution. Les seules élections qui ne sont pas encadrées dans un délai, ce sont les élections communales, municipales et locales. Et même là, je dirai que le délai de cinq ans est donné au mandat mais pas une date fixe. C’est pour cela qu’avant cette proposition que nous étudions aujourd’hui, la première proposition du même genre et de la même loi a été portée à cet hémicycle en février 2008. Et quand on prenait cette loi en 2008, je n’ai pas entendu autant d’injures et de critiques. Je demanderais aux collègues de garder leur calme et de faire ce que nous devons faire dans la tranquillité, l’amour et le respect réciproque. C’est nous même qui avons décidé de corriger la Lépi et de prendre une loi. Je dirai qu’on a accompagné la proposition de loi dérogatoire d’un chronogramme qu’on n’a plus respecté. Nous venons à peine de désigner les membres du COS- Lépi. Nous voulons corriger la Lépi pour aller aux élections communales et en même temps nous disons non, on met de côté et on va aux élections. Je ne sais pas ce que nous voulons. On ne peut pas vouloir de quelque chose et de son contraire. Nos collègues sont inquiets sur la mauvaise gestion constatée au niveau des communes. Dans 6 ou 8 mois, ce serait terminé. Maintenant, s’ils veulent mettre des garde-fous, c’est ici que nous devons chercher les solutions pour les maintenir jusqu’aux prochaines élections. Si nous disons au plus tard le 31 décembre et qu’on n’était pas prêt dans ce délai, il va falloir courir pour prendre encore une autre loi transitoire. C’est là le problème. »

"Le 6 avril 2016, toute la solution aux angoisses et inquiétudes sera donnée par la population béninoise"

"Le 6 avril 2016, toute la solution aux angoisses et inquiétudes sera donnée par la population béninoise"

commentaires

ERNEST LATOUNDJI 23/04/2014 20:16

INTERET PERSONNEL ET EGOISTE.

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