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Adam Boni TESSI, le roi des excuses

par Justin AMOUSSOU 4 Novembre 2014, 14:28 Bénin Démocratie Médias

Adam Boni TESSI, le roi des excuses

Ça commence mal. Les conseillers de la cinquième mandature de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ne doivent pas en mener large de leurs premières décisions critiquées tous azimuts. Au lendemain de la déclaration du président Boni YAYI à Boko sur la cherté des élections, l’organe de régulation des médias avait montré ses muscles. La HAAC a chambré des journalistes pour, croyait-elle, leur relever les bretelles. La finalité était d’enjoindre ces travailleurs de l’information à ne plus commenter cette actualité. Mais, c’est sans connaitre les cerbères invités à cette audience. Ils ont mis le point sur les « i » aux conseillers devenus aphones. Alors, mea culpa à mots couverts.

Malheureusement, rebelote. Le président de l’institution, Adam Boni TESSI, certainement pris de crampe de nerfs, revient à la charge. Il s’est fendu d’un communiqué pour restreindre les journalistes. En toile de fond, le traitement de l’actualité relative à la correction de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI). Une fois encore, levée de bouclier. Pour ramener la paix, le président de la HAAC s’est excusé. L’exercice n’a pas été facile pour lui. A tire-larigot, il a baragouiné. Un pardon fait dans un style de langue approximatif. Impeccable ! Le burlesque, c’est que sa main allait, de temps à autre, caresser son visage d’ange, afin de satisfaire une démangeaison de la paupière. Etait-il sincère? Seuls les psychologues spécialistes de gestes manuels peuvent éclairer les téléspectateurs. Question : que réserve le futur aux journalistes béninois? En tout cas, qui s’excuse s’accuse.

S’il y a des lettres de l’alphabet français que le président de la HAAC doit aimer, ce sont les lettres A, B et T. Ce sont les initiales de son nom Adam Boni TESSI. Cet alphabet comprend 26 lettres. Le Code de déontologie de la presse béninoise, un diptyque, compte aussi 26 articles. Pour établir la correspondance, la lettre A va s’allier au chiffre 1. Du coup, le président Adam peut faire honneur à l’article 1 de ce Code : « Le journaliste est tenu de respecter les faits, quoi que cela puisse lui coûter personnellement, et ce en raison du droit que le public a de connaître la vérité. » Quant à la lettre B, son correspondant est le chiffre 2. Dans la peau d’un éventuel journaliste, le président Boni peut produire son communiqué dans le respect de l’article 2: « Le journaliste publie uniquement les informations dont l’origine, la véracité et l’exactitude sont établies. Le moindre doute l’oblige à s’abstenir ou à émettre les réserves nécessaires dans les formes professionnelles requises. Le traitement des informations susceptibles de mettre en péril la société, requiert du journaliste, une grande rigueur professionnelle et, au besoin, une certaine circonspection. »

Comme si le hasard n’existait pas, la lettre T renvoie au chiffre 20, donc à l’article 20. Sa teneur cloue au pilori le président TESSI. « Tout manquement aux dispositions du présent code de déontologie expose son auteur à des sanctions disciplinaires qui pourront lui être infligées par les instances d’autorégulation des médias et les associations professionnelles. Le journaliste accepte la juridiction de ses pairs, ainsi que les décisions issues des délibérations des instances ci-dessus mentionnées. Le journaliste s’oblige à connaître la législation en matière de presse. » Au finish, qui maîtrise cette législation des médias ? A chacun son interprétation. La République regorge d’assez d’exégètes. Si seulement, les rôles pouvaient être inversés, quelles sanctions les hommes des médias infligeraient au Président Adam Boni TESSI ? Loin d’éventuelles sanctions, chacun des acteurs devra méditer ce proverbe : « La plus grande vertu est comme l’eau : elle est bonne pour toutes choses. »

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